Vit et travaille à Caen
Enseigne à l'Ecole des Beaux-Arts de Caen

cliquez ici pour obtenir un zoom de l'oeuvre"A l'origine du travail de Philippe Dufour, il y a cette utilisation des procédés aujourd'hui caducs du sténopé et de la caméra obscura. Troquant l'appareil photographique pour une boîte qu'il confectionne et l'objectif pour des trous étroits dans ses parois, il impressionne directement le papier photographique fixé à l'intérieur et produit des images uniques non reproductibles. Ce refus obstiné d'une technologie triomphante au profit de son archéologie conduit à une version primitive du piège tendu à la lumière afin de substituer le corps aux artifices du procédé. Tenant à bras le corps le papier au coeur même de la chambre noire, pour saisir au vol les images, il en modèle les formes. Dans ce geste d'appropriation la lumière est happée avec avidité, elle participe à la révélation en référence à la chimie et à la religion mêlées.
cliquez ici pour obtenir un zoom de l'oeuvreDans cette zone mouvante (qui sépare la perception conventionnelle d'un paysage architecturé et celle d'un corps qui le perturbe de son propre désordre) se campe une production d'images qui illustre la prégnance des objets et met en relief le simulacre. Loin de toute recherche esthétisante, les photographies de Philippe Dufour sont les traces d'une performance, les jalons d'un comportement. L'empirisme de la démarche souligne la rigueur morale liée à cette quête".

Bernard Martin : "Art Press", 1984

 

cliquez ici pour obtenir un zoom de l'oeuvreOn pourrait dire de Philippe Dufour qu'il déshonore la photographie. Il manipule le moyen d'expression dans la direction du pictural, s'éloignant du factuel. La genèse ressemble à une sorte de processus scientifique pré-moderne, ésotérique et alchimique, et ses images renvoient aux débuts de la science, et à une merveille cosmique. L'oeuvre suggère un dérapage historique ; un Grec antique plonge au travers de l'éther sur un écran de télévision, devant un globe illuminé.
Sa recherche semble être celle de l'image émotionnelle qui n'aurait pas été dérangée par la distance réfléchie qu'impose l'idée de l'art, ses catégorisations et la critique de ses institutions.

extrait du catalogue "Croosroads"
Andrew Brighton

 

cliquez ici pour obtenir un zoom de l'oeuvre(...)Toutes les images de paysages, d'éclipses et d'autres figurations assimilées à la nature ne sont que pure fiction. Des chimères que l'imagination reconstitue. A moins qu'il ne s'agisse de la connaissance interférant avec le sensible et opérant au niveau de la "dés-information".
Les données astronomiques de la constellation ou de l'éclipse ne se confirmeront pas. Le point de vue du paysage ne se focalisera pas. La subtilité de chaque prise de vue instruit le spectateur dans la fabrication de son propre artifice. A partir d'un presque rien - les percées de lumière dans un papier carbone troué, le fond d'un verre, l'idéalisation de l'image d'un livre sous une loupe -, l'artiste constate à travers l'objectif, il s'émerveille peut-être. Chaque image, chaque représentation de la chose vue est copiée par l'appareil, mais une fois donnée à voir, la copie a assumé la distance imposée par un certain cadrage, par un certain format. Le spectateur ensuite restera maître d'oeuvre de ses propres fables. (...)
On pourrait penser que l'artiste évolue dans l'enregistrement des mystères de la nature et il ne fait qu'intérioriser la surprise de son environnement domestique. Plus vraies que nature, les convictions du premier regard démontent les convictions de la perception et plus tard, elles mettent en évidence la réalité du procédé photographique. Méthode et outil autant que matériau, celui-là dévoile l'artifice auquel il confronte.(...)

Liliana Albertazzi
extrait du catalogue de l'exposition
"La nature instrumentalisée" Musée de Louviers- 1999

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1990
Galerie Gutharc Ballin, Paris
1991
Musée de la Poste (exposition collective)
Centre National de la photographie, Palais de Tokyo, Paris
1992
FRAC de Basse Normandie
1993
Constellation, Théâtre de Caen
1994
Musée de Trouville
1995
Crossroad (exposition collective) FRAC de Basse Normandie
1998
Eclipse, Galerie Municipale, Vitry-sur-Seine
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