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Depuis l'automne 2009, le Mémorial de Caen renouvelle plus de la moitié de ses parcours permanents.

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Itinéraire de la mémoire

Depuis le 25 septembre 2010, Caen accueille pour un an le drapeau des villes médaillées de la Résistance. Un livret a été édité à cette occasion.


L'Abbaye-aux-Hommes
Historique

Fondation de l'Abbaye

Abbatiale Saint-EtienneVers 1050, le duc de Normandie Guillaume surnommé le Bâtard épouse Mathilde de Flandre. Ce mariage est considéré par le Pape comme une union consanguine. Pour effacer cette faute, les deux époux s'engagent à fonder deux monastères. Le duc choisit alors le site de Caen (qui n'est pas encore une ville). Mathilde fonde l'Abbaye aux Dames (dédiée à la Sainte Trinité) et Guillaume l'Abbaye aux Hommes, (dédiée à Saint-Étienne).

Caen va alors connaître un essor considérable autour de trois pôles : le Château, le Bourg l'abbé et le Bourg l'abbesse. On assiste alors à la naissance d'une ville ayant une vocation de capitale régionale.

En 1066, Guillaume se lance à la conquête de l'Angleterre. De Bâtard, il devient le Conquérant. Pour les deux abbayes caennaises, les conséquences sont bénéfiques car le duc, désormais roi d'Angleterre, les dote avec largesse. C'est ainsi que le patrimoine de l'Abbaye aux Hommes est considérable des deux côtés de la Manche.

Sur le plan religieux, son renom est aussi très important : c'est l'une des plus grandes abbayes de l'ordre de Saint-Benoît en France. Son rôle est primordial dans l'histoire du royaume anglo-normand.

Guillaume, dès le début de la construction de l'Abbaye aux Hommes choisit un homme hors du commun. En effet, il nomme abbé, Lanfranc de Pavie et le charge des travaux. Ce choix est stratégique car Lanfranc a de l'expérience. D'origine italienne, il est prieur de l'abbaye bénédictine du Bec Hellouin. C'est un théologien et un diplomate réputé. Il a ainsi négocié la reconnaissance du mariage du duc et de Mathilde avec le Pape.

Lanfranc ne reste que sept ans à Caen mais ces sept années seront décisives.

L'église abbatiale est consacrée en 1077 en présence de Guillaume, de Mathilde et de leur fils Robert. Lanfranc est présent, mais en tant qu'invité. Entre temps, en 1070, il a été nommé par Guillaume archevêque de Cantorbéry (en fait, peu de temps après la conquête). C'est la période glorieuse de l'Abbaye qui va se prolonger sous les successeurs de Guillaume.

En 1204, la Normandie n'est plus indépendante. Elle fait désormais partie du royaume de France.

 

Les années noires

Dans les siècles qui suivent, la ville de Caen et l'Abbaye aux Hommes connaissent bien des vicissitudes :
- 1337-1450 : la Guerre de Cent ans. La ville est prise et dévastée à plusieurs reprises. L'Abbaye n'échappe pas à ces destructions,
- à partir de 1485 débute le règne des abbés commendataires qui seront souvent des protégés du roi. Ils se contentent de toucher une part importante des revenus de l'Abbaye sans se préoccuper de sa gestion. L'Abbaye connaît alors une période de laisser aller. La règle monastique n'est plus respectée,
- guerres de religion du milieu du XVIème : l'Abbaye est à nouveau dévastée et à la fin du siècle, elle est dans un état pitoyable. L'église est en ruines et sert de carrière de pierre. Les toitures de plomb ont été enlevées. Du cloître gothique, il ne reste rien.

L'abbé Dom Jean de Baillehache réussit à éviter l'anéantissement de l'Abbaye en effectuant quelques réparations d'urgence.

 

La restauration

En 1663, les moines bénédictins réformés de Saint-Maur reprennent l'administration de l'abbaye et entreprennent sa reconstruction complète en respectant la disposition générale prévue par Lanfranc mais en appliquant les plans dus à Guillaume de la Tremblaye moine architecte de la Congrégation (1644-1713).

Les travaux commencent en 1704 et ne sont pas terminés en 1790 quand les moines sont expulsés de l'Abbaye par les Révolutionnaires. L'Abbaye sera épargnée par la tourmente révolutionnaire car les bâtiments conventuels vont être utilisés par l'administration du tout nouveau département du Calvados puis par le Lycée impérial (1804).

 

1944

Le 6 juin 1944, le débarquement allié commence. La ville de Caen est en première ligne.
Les Caennais se réfugient alors dans l'abbaye qui est transformée en îlot sanitaire. Une légende affirme que les "tours de Saint-Étienne ne s'effondreront qu'avec la monarchie anglaise". Les bombes tomberont sur Caen jusqu'à la mi-août 44.

Après la Guerre, le Lycée est à l'étroit. Un nouveau lycée est prévu en bordure de la Prairie. L' Hôtel de Ville s'installe alors dans les locaux libérés par les élèves. La première réunion du Conseil municipal se déroule dans la salle capitulaire, le 16 janvier 1965.

 

De magnifiques vestiges des constructions du XIème siècle sont encore visibles aujourd'hui. On sait que la disposition de l'abbaye médiévale était quasiment identique. Celle-ci est en effet imposée par la tradition bénédictine :
1 - à l'intérieur de la clôture et donc réservé aux moines, le cloître situé dans l'angle de la nef et du transept de l'église abbatiale.
Autour du cloître, se répartissent le Réfectoire (au sud), la Salle capitulaire et la Sacristie (à l'est) et le bâtiment des Hôtes (à l'ouest).
2 – une grande cour au sud du cloître qui regroupe les fonctions économiques de l'Abbaye, nécessaires à la vie des moines. C'est à cet emplacement que se font les contacts avec le monde extérieur.

 

Guillaume et Mathilde

Abbatiale Saint-EtienneEn 1083, Mathilde meurt (peut-être de la Peste). Elle est inhumée dans l'Abbaye aux Dames.

En juillet 1087, Guillaume est blessé lors du siège de Mantes alors qu'il est en lutte contre le roi de France Philippe Ier. Il est transporté à Rouen mais son état est très grave et il meurt le 9 septembre 1087.
Son corps est transporté à Caen pour être inhumé à Saint-Etienne (comme il l'avait toujours souhaité).
Mais la cérémonie est très perturbée. Un incendie se déclare lors du passage du cortège provoquant une grande panique parmi la foule.

Plus tard, à l'intérieur de l'église, un habitant de Caen, Asselin, réclame le prix du terrain sur lequel a été construit l'édifice. Il prétend n'avoir jamais été dédommagé. Il reçoit alors une compensation financière et la cérémonie peut reprendre.
Mais Guillaume n'en a pas encore fini avec le monde des vivants… Selon la légende, le caveau se révèle trop petit pour le corps imposant du Conquérant qui se "rompt et dégage une odeur épouvantable malgré l'odeur de l'encens". La cérémonie se termine en catastrophe.
Les avatars ne sont pas terminés. Après quelques siècles de tranquillité, en 1522 l'abbé Pierre de Martigny, à la demande de prélats italiens en visite à Caen accepte de faire ouvrir la sépulture du Conquérant. Le corps semblait bien conservé. On constata alors que Guillaume était plus grand que la moyenne. Un portrait en est alors fait le représentant en costume du XVIème siècle.

En 1562, les Protestants saccagent l'Abbaye. Le tombeau de Guillaume n'est pas épargné. Seul un os de la cuisse est sauvé.

En 1793, le tombeau est à nouveau profané mais il n'est pas ouvert, seule la dalle est brisée. Elle sera remplacée en 1801.

En 1983, à des fins scientifiques, l'os est étudié puis remis en place.

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