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Encore plus d'espaces
pour la Paix

Depuis l'automne 2009, le Mémorial de Caen renouvelle plus de la moitié de ses parcours permanents.

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Itinéraire de la mémoire

Depuis le 25 septembre 2010, Caen accueille pour un an le drapeau des villes médaillées de la Résistance. Un livret a été édité à cette occasion.


L'Abbaye-aux-Hommes,
9 siècles d'histoire

Introduction

C'est aux moines bénédictins du Moyen Âge et de la période classique que la ville de Caen doit la majesté de son Hôtel de ville, installé dans l'ancienne abbaye de saint-Etienne, dite l'Abbaye-aux-Hommes. Et au-delà, à Guillaume le Conquérant, qui, en bâtissant le château et en fondant, avec son épouse Mathilde, les deux abbayes qui dominent le paysage urbain, a fait de Caen une vraie ville.

La façade et la nef de l'église Saint-Etienne ont permi les réalisations les plus impressionnantes de l'art roman en France. L'édifice est de ceux qui ont servi de modèle aux abbayes et aux cathédrales bâties par les conquérants normands en Angleterre. Or son batisseur, Lanfranc, venait d'Italie. Il y a là l'illustration de ce réseau de relations qu'entretenaient les Normands des XIe et XIIe siècles aux quatre coins de l'Europe.

Quant aux bâtiments monastiques, ils sont un bel exemple de l'architecture, sobre mais volontiers grandiose, qui est la marque propre de l'ordre bénédictain, lui aussi répandu dans toute l'Europe des XVIIe et XVIIIe siècles. Ici, à Caen, cette architecture classique se marie de manière particulièrement réussie avec l'église abbatiale médiévale à laquelle elle s'adosse. Y contribue l'emploi du calcaire local magistralement utilisé par les maîtres maçons d'antan : la pierre de Caen.

J.-J. BERTAUX
Conservateur en chef du Patrimoine
Directeur honoraire du Musée de Normandie

 

Le cloîtreLa pierre de Caen, célèbre et utilisée dans le monde entier

Très belle pierre de taille, ce calcaire inspire la pureté, la noblesse et donne à l’abbaye toute sa majesté.
Guillaume le Conquérant utilisa massivement ce matériau pour la construction, à Caen, du château fort et des deux abbayes bénédictines.
Suite à la conquête de l’Angleterre, s’ouvrit un énorme marché à l’exportation. De nombreux monuments en témoignent encore aujourd’hui : la Tour de Londres, la cathédrale de Canterbury, les abbayes de Durham, Norwich, Westminster… Elle fut également utilisée dans des réalisations prestigieuses telles la cathédrale St-Patrick de New-York, la cathédrale de Cologne ou le palais royal de Bruxelles.

Le cloître

Tableau "Guillaume débarquant en Angleterre"L’escalier d’honneur

La splendeur de l’architecture de l’abbaye est soulignée par la hardiesse de ses escaliers qui semblent “suspendus dans le vide”. Construits sans ciment, ils ne tiennent que par la façon dont les pierres sont taillées et par la pression qu’elles exercent les unes sur les autres.

L'escalier d'honneur

 

Noblesse des boiseries

Les salles sont parées de somptueuses boiseries de chêne sculptées au 18e siècle, dans les styles Louis XV et Louis XVI.
“… Nous possédions de vastes forêts d’où l’on tirait un bois choisi qu’on laissait vieillir avant de l’employer ; aussi ces ouvrages sont de nature à durer des siècles…” Dom Ribard, “Visite au Collège Royal” 1829.

 

Tableau "Guillaume débarquant en Angleterre"Des tableaux remarquables aux dimensions de l’architecture

L’abbaye possède une collection de tableaux des 17e, 18e et 19e siècles.
Commandés spécialement pour l’abbaye ou achetés à Paris, ils illustrent des paysages ou des scènes bibliques ; la vie du Christ ou celle
de Guillaume…
Les moines font ainsi l’acquisition en 1765 d’une oeuvre de Nicolas-Bernard Lépicié représentant Guillaume débarquant en Angleterre. Ce tableau orne encore aujourd’hui la salle du réfectoire.

Tableau "Guillaume débarquant en Angleterre"
Oeuvre de Nicolas-Bernard Lépicié, peinte vers 1760

 

La salle des gardes

Contrairement à ce que son nom laisse entendre, la “Salle des Gardes” n’a jamais abrité de gardes. Construit au 14e siècle, ce bâtiment de style gothique était en fait une salle d’apparat. Elle accueillait les grands seigneurs en visite à l’abbaye. L’Echiquier de Normandie, les Etats Provinciaux y siégèrent de nombreuses fois. C’est aujourd’hui l’une des plus belles salles du conseil municipal en France.

 

Les flèches de l'abbatialeLes styles roman et gothique en parfaite harmonie

Elevée au 11e siècle, sous la direction de Lanfranc, la façade de l’abbatiale est, avec la nef, la partie la plus ancienne de l’abbaye.
Au 13e siècle, les tours sont coiffées de flèches gothiques culminant à près de 80 mètres.
A l’intérieur, la nef romane recouverte de voûtes sexpartites frappe par ses dimensions et son austère nudité. Le choeur gothique conserve l’élévation à trois niveaux de la nef, la lumineuse légèreté du gothique prolongeant ainsi la sobriété du roman.

L’église abbatiale

L’abbatiale Saint-Etienne était l’église de l’abbaye, utilisée uniquement par les moines pour y célébrer les offices.
Elle a été consacrée en 1077, en présence de Guillaume et de Mathilde.
L’abbatiale possède un riche mobilier : chaire et stalles du 17e siècle, grandes orgues Cavaillé Coll et une remarquable collection de tableaux dont “L’Adoration des Mages” de Claude Vignon.
A voir également un curieux portrait de Guillaume le Conquérant, dans la sacristie et bien sûr, sa tombe, sous les voûtes du choeur.

Les flèches de l'abbatiale

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